Le lauréat 2007 : Jared Diamond pour « Effondrement »

Diamond

Jared Diamond

Jared Diamond est né à Boston le 10 septembre 1937. Diplômé de l'Université d'Harvard en 1958, il obtient sa thèse en 1961 à l'Université de Cambridge en physiologie. Il est nommé professeur de physiologie à l' "UCLA Medical School" (Ecole de médecine de l'UCLA) en 1966. Il commence alors une seconde carrière de biologiste en étudiant l'écologie et l'évolution des oiseaux de Nouvelle Guinée. Puis à partir de la fin des années 80, il s'intéresse à l'histoire de l'environnement et devient professeur de géographie à l'UCLA, poste qu'il occupe toujours actuellement. Auteur de nombreuses publications scientifiques, il a reçu en 1999 la prestigieuse "National Medal of Science" américaine.

De l'inégalité parmi les sociétés (Guns, Germs, and Steel, Prix Pulitzer 1998), qui postule que la situation internationale actuelle est le résultat des processus entamés durant la période moderne, c'est-à-dire depuis 13 000 ans, au cours de laquelle les civilisations qui connaissaient un niveau avancé de « développement humain » ont commencé à s'imposer aux civilisations plus simples partout dans le monde. L'objectif de Jared Diamond est d'expliquer pourquoi ces civilisations avancées se sont développées uniquement en Eurasie ; sans pour autant invoquer les mythes ethnocentriques, et même en les réfutant.

Il publie en 2004 Collapse (qui ne sera traduit, sous le titre Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, qu'en mai 2006), ouvrage dans lequel il rappelle comment certaines civilisations, telles celles de l'île de Pâques, des Mayas ou des Vikings du Groenland, sont la cause de leur propre perte en raison de leur action sur leur environnement. Il étudie également des sociétés, telles les Islandais, les Japonais ou les Tikopiens qui ont survécu malgré d'énormes difficultés environnementales et en tire des conclusions pour nos sociétés modernes.

Biblio :

  • « Pourquoi l'amour est un plaisir, l'évolution de la sexualité humaine », (Hachette Litterature, 1999), ISBN 201235288X (Why is sex fun. The evolution of human sexuality, 1997)
  • « Le Troisième Chimpanzé, Essai sur l'évolution et l'avenir de l'animal humain », (Gallimard, NRF essais, 2000) ISBN 2070753522. (The Third Chimpanzee. The Evolution and the Future of the Human Animal, 1992)
  • « De l'inégalité parmi les sociétés, Essai sur l'homme et l'environnement dans l'histoire », (Gallimard, NRF essais, 2000) ISBN 2070753514. ((en) Guns, Germs, and Steel. The Fate of Human Societies, 1997, 0393317552)
  • « Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie », (Gallimard, NRF essais, 2006) ISBN 2070776727. ((en) Collapse, How Societies Choose to Fail or Succeed, 2004 ISBN 0140279512
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« Effondrement »

Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie

C’est un signe des temps. Il n’y a guère, dans l’euphorie du développement, Fernand Braudel proposait une Grammaire des civilisations, étude des évolutions lentes mais imperceptibles exercées sans fin « par les contraintes des espaces, des hiérarchies sociales, des “psychés”collectives, des nécessités économiques ». Aujourd’hui, devant l’urgence des problèmes climatiques, écologiques et de renouvellement des ressources, Jared Diamond définit une syntaxe, nerveuse, perceptible, des sociétés à partir de la relation de leurs valeurs et besoins aux possibilités du milieu. Il la conjugue à tous les temps : au passé, au présent comme au futur.

Car la question : Comment des sociétés ont-elle disparu dans le passé? peut aussi se formuler : Au rythme actuel de la croissance démographique, et particulièrement de l’amélioration des besoins économiques, de santé et en énergie, les sociétés contemporaines pourront-elle survivre demain ?

La réponse se formule à partir d’un tour du monde dans l’espace et dans le temps —
depuis les sociétés disparues du passé ( les ïles de Pâques, de Pitcairn et d’Henderson ; les indiens Mimbres et Anazasis du Sud-Ouest des Etats-Unis ; les sociétés moche et inca ; les colonies viking du Groenland) aux sociétés fragilisées d’aujourd’hui (Rwanda, Haïti et Saint-Domingue, la Chine, le Montana et l’Australie) en passant par les sociétés qui surent, à un moment donné, enrayer leur effondrement ( la Nouvelle-Guinée, Tikopia et le Japon de l’ère Tokugawa).
De cette étude comparée, et sans pareille, Jared Diamond conclut qu’il n’existe aucun cas dans lequel l’effondrement d’une société ne serait attribuable qu’aux seuls dommages écologiques. Plusieurs facteurs, au nombre de cinq, entrent toujours potentiellement en jeu : des dommages environnementaux ; un changement climatique ; des voisins hostiles et des rapports de dépendance avec des partenaires commerciaux ; les réponses apportées par une société, selon ses valeurs propres, à ces problèmes.

Cette complexité des facteurs permet de croire qu’il n’y a rien d’inéluctable aujourd’hui dans la course accélérée à la dégradation globalisée de l’environnement. Une dernière partie recense, pour le lecteur citoyen et consommateur, à partir d’exemples de mobilisations réussies, les voies par lesquelles il peut d’ores et déjà peser afin que dans un avenir que nous écrirons tous le monde soit durable et moins inéquitable aux pauvres et démunis.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Agnès Botz et Jean-Luc Fidel - « NRF Essais »

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